Gunkanjima, où de son nom officiel Hashima, est une île abandonnée à une quinzaine de kilomètres au large de Nagasaki au Japon. Gisement de charbon exploité par l’entreprise Mitsubishi jusqu’en 1974, l’île fantôme et ses immeubles en béton étalés sur 6,3 hectares se classent comme site UNESCO en 2014.
Quelle est l’histoire de Gunkanjima ? Que s’est-il passé pour qu’elle soit abandonnée du jour au lendemain ? Comment visiter Hashima au Japon et que peut-on voir ?
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Vous prévoyez de visiter la préfecture de Nagasaki ? Jetez donc un oeil à notre article récapitulatif sur notre itinéraire d’une semaine et notre guide complet de la ville de Nagasaki où nous sommes restés un mois complet !
⛴️ Que signifie le nom Gunkanjima ?
Si le nom officiel de l’île est bien Hashima, on la surnomme souvent Gunkanjima. Pourquoi me direz-vous ? En Japonais, on peut traduire gunkan par cuirassée et jima par “île” ce qui nous donne l’île des cuirassés. Okay génial et maintenant ?
A partir de là on commence à se douter qu’il y a potentiellement une ressemblance quelque chose du coin. Avec ses murailles en béton, ses immeubles et sa forme, l’île ressemblerait au cuirassé japonais Tosa. Vue de loin, Gunkanjima aurait la même silhouette qu’un navire de guerre.
On écrit ça après avoir découvert cette comparaison et sans avoir la moindre idée de ce à quoi ressemble ce bâtiment militaire. Nous vous avons donc mis une petite photo et vous nous direz si vous trouvez une ressemblance.
🏝️ Quelle est l'histoire de l'île Hashima ?
Avant de vous dire pourquoi Gunkanjima à Nagasaki est abandonnée, il faut comprendre pourquoi elle était occupée ! Logique logique.
L’histoire de l’île Hashima commença avec l’exploitation d’un gisement de charbon découvert en 1810. Mais c’est en 1887 que l’extraction devient industrielle. En 1890, la célèbre entreprise Mitsubishi achète l’île entière (et donc son gisement) et commence à développer et moderniser les installations pour augmenter l’extraction de charbon. 5000 personnes habitaient alors sur ce rocher de 480 mètres par 160 mètres !
Mitsubishi ne fait pas les choses à moitié : l’entreprise triple la superficie de l’île, construit des digues pour protéger des typhons et des vagues.
Avant ces travaux de modernisation, l’eau venait du continent ! Le rationnement était donc nécessaire, ce qui rendait les conditions de travail encore plus difficiles. Et pourtant, être dans les mines toute la journée était peut-être l’un des travaux les plus durs et usant qu’il existe.
Entre 1891 et 1974, environ 15,7 millions de tonnes de charbon furent extraites des mines. Un charbon d’excellente facture notamment pour la sidérurgie. Il alimentait notamment les hauts-fourneaux de Yawata Steel Works, pilier de l’industrie lourde japonaise.
Si les ouvriers venaient à la base du continent, des enfants ont vu le jour sur Gunkanjima et ont même grandi sur l’île !
🌆 Gunkanjima : Un mini-monde autosuffisant
Au début, les mineurs faisaient l’aller-retour quotidien en bateau depuis Nagasaki. Mais Mitsubishi réalisa rapidement qu’il serait plus efficace que les employés vivent directement sur place. Et c’est ainsi que Gunkanjima devint une ville verticale, construisant toujours plus haut faute d’espace horizontal. Le bâtiment n°30 de style brutaliste en béton armé fut érigé il y a plus de 100 ans.
Comment 5 000 personnes peuvent-elles vivre sur un caillou presque en auto-suffisance ? En créant une ville verticale totalement, Gunkanjima possédait un hôpital, deux écoles, des boutiques et même un temple et un sanctuaire. Il y avait aussi des cinémas, un pachinko, des restaurants, un bureau de poste, une caserne de pompiers, des bains publics et même un cimetière. Les toits-terrasses servaient de jardins potagers et de terrains de jeux pour les enfants qui n’avaient jamais connu autre chose que cette prison de béton entourée d’eau. Les immeubles résidentiels montaient jusqu’à dix étages, avec des appartements minuscules où les familles s’entassent.
En 1970, il y avait 12 trajets de bateau par jour, le voyage de Hashima à Nagasaki durant 50 minutes. C’était la seule liaison avec le monde extérieur. Quand les typhons frappent, l’île pouvait être coupée du continent pendant des jours, forçant la communauté à se serrer les coudes. Malgré les conditions difficiles, les témoignages d’anciens résidents évoquent une vie sociale intense, des festivals de quartier, des mariages, des naissances, une vraie vie quoi.
🏢 Pourquoi Hashima est-elle abandonnée ?
Derrière l’image un peu idéaliste d’une société en marge de la vie sur le continent se cache une réalité beaucoup plus sombre. L’île a aussi un passé obscur, particulièrement durant la Seconde Guerre mondiale. Les conditions de travail déjà éprouvantes devinrent inhumaines. Entre les travailleurs forcés, les ouvriers fatigués dans des conditions épouvantables, beaucoup n’en sont jamais revenus. Il faut se rappeler que le charbon est le carburant de l’industrialisation japonaise de l’ère Meiji. Dans les années 1960, le Japon commença à utiliser davantage le pétrole. Beaucoup de mines de charbon ferment, y compris celle d’Hashima en janvier 1974. Le 20 avril, toutes les personnes avaient quitté l’île.
Du jour au lendemain, les 5 000 habitants apprennent qu’ils doivent partir. Les familles qui ont vécu là pendant trois générations doivent tout abandonner. En trois mois à peine, l’exode est total. Les bateaux embarquent les derniers résidents avec leurs bagages, laissant derrière eux une île figée dans le temps : des tables encore dressées, des vêtements dans les placards, des cahiers d’école sur les pupitres, des casseroles sur les cuisinières. Personne n’imaginait que l’île resterait abandonnée aussi longtemps. Gunkanjima fut scellée, interdite d’accès pendant trente-cinq ans.
Après beaucoup de controverses, la mine de charbon de l’île fut officiellement approuvée comme site du patrimoine mondial de l’UNESCO en juillet 2015, dans le cadre des Sites de la Révolution industrielle Meiji du Japon. Quelque 800 travailleurs forcés étaient originaires de Corée (à l’époque sous occupation japonaise). La tension est toujours présente car le japon n’a pas vraiment reconnu cette acte.
👁️ Qu’y a t il à voir sur Gunkanjima aujourd'hui ?
En pratique qu’est ce qu’on peut voir ? Eh bien il y a encore un certain nombre de structures encore debout bien que sérieusement endommagées. La digue artificielle elle-même est très impressionnante, sans compter sur la piscine toujours présente.
Le sentier est bien délimité et il est impossible de s’en éloigner lorsqu’on met pied à terre avec un tour. Gunkanjima est un fantastique spot d’urbex bien que difficile d’accès, interdit au public sans guide et absolument pas sécurisé.
Avec une visite guidée, on suit la ligne rouge sur le plan ci-dessus. Quelques bâtiments sont visibles, ainsi que les vestiges d’un entrepôt en brique, l’entrée d’une des mines et la piscine.
🏝️ L'île abandonnée de Hashima à Nagasaki vaut-elle le coup ?
Soyons francs, sur l’île, nous avons suivi un tour qui ne parlait pas anglais et les seules explications venaient de nos amis du programme Digital Nomad Nagasaki. Ensuite, et bien c’était très balisé dans l’espace et le temps. On voit quelques trucs par-ci par-là mais rien de super zinzin et en 45 minutes millimétré on était de retour dans le bateau. Vous n’êtes pas libre de vous balader au milieu des ruines et devez suivre le groupe en enchainant les 3 plateformes d’observation.
En revanche, le bateau a fait deux fois le tour proche de Hashima et là on a bien pu voir les différents bâtiments, citernes et l’île sous tous ses aspects. Surtout si on se trouve sur le pont supérieur à l’air libre. Pensez à prendre des pillules contre le mal de mer si vous y êtes sujet.
Le tarif n’est pas excessif, et cela donne l’occasion de voir plusieurs spots intéressants des rives de Nagasaki comme le pont Megami Ohashi. Mais c’est un peu frustrant d’être autant limité.
Il faut aussi se rappeler que Gunkanjima a une forte présence dans la culture populaire aujourd’hui grâce à plusieurs références cultes. On notera dans un premier temps, une apparition dans le film James Bond, Skyfall de 2012. L’île sert de repère au méchant. La cartographie de Gunkanjima a aussi inspiré des maps dans Call of Duty et Assassin’s Creed. Dans Fortnite, un niveau avec la copie conforme de l’ile a même été réalisé.
Comment visiter Gunkanjima à Nagasaki et combien ça coute ?
Pour atteindre Gunkanjima, vous devez rejoindre l’un des tours organisés qui partent plusieurs fois par jour depuis différents endroits du port de Nagasaki. Le trajet en bateau dure environ 30 à 40 minutes en fonction des conditions. Il faut garder en tête que les tours peuvent être annulés en cas de mauvais temps ou d’autres conditions défavorables. En effet, si les vagues sont trop grosses le bateau ne pourra pas accoster sur la jetée de Gunkanjima et ça arrive relativement souvent. Le tour se transforme alors en “Gunkanjima Tour Cruise” avec un remboursement de 10% des tickets.
Une fois débarqués, les passagers se divisent en plusieurs groupes pour commencer la visite. Les tours coûtent généralement 4000¥ (semaine) 4500¥ (weekend) incluant le bateau et la visite guidée par personne (25€), plus des des frais de débarquement de 310¥. Le tour complet dure environ environ 2h30 avec un départ par compagnie le matin et un départ l’après-midi. Toutes les compagnies suivantes se situent dans Nagasaki.
| Entreprise | Départ du matin | Départ de l’après-midi | Durée |
| Yamasa Shipping Co (depuis le port) | départ 9:00 | départ 13:00 | 2h30 |
(plateforme embarcation à côté memorial park) | départ 10:30 | départ 13:40 | 2h30 |
| Gunkanjima Concierge (gunkanjima concierge office) | départ 10:30 | départ 13:40 | 2h45 |
Réservez une à deux semaines à l’avance en haute saison, surtout les week-ends et jours fériés. Cela se passe sur le site de la compagnie (traduit en anglais) ou directement à leur comptoir.
💡 FAQ - Informations pratiques pour visiter l’île abandonnée de Gunkanshima au Japon
Accès depuis Tokyo/Osaka/Fukuoka
Les départs des bateaux partent du port touristique de Nagasaki. Il faudra donc d'abord se rendre à la gare de train de Nagasaki avant de terminer à pieds, en bus ou en tramway (ligne 1).
Se rendre à Nagasaki au Japon depuis Tokyo :
- vol direct (1h50, 15 000-30 000 ¥);
- Shinkansen via Hakata (environ 7h);
Depuis Osaka, se rendre à Nagasaki :
- Shinkansen jusqu'à Hakata puis train express limité Kamome (3h30 total).
Se rendre à Nagasaki au Japon depuis Fukuoka :
- train express Kamome direct (2h, environ 4 500 ¥).
Informations pratiques
Quelques informations curieuses supplémentaires lors de votre visite de Gunkanjima au Japon :
- ne pas porter de sandales, tong, ou talons hauts;
- interdiction de prendre des parapluies. Prenez plutôt un coupe-vent qui vous sera utile sur l'ile ou si vous décidez de rester sur le pont supérieur à l'air libre;
- pas de toilettes ni de distributeurs de boissons dans le bateau et sur l'ile.
Combien de temps prévoir pour visiter Gunkanjima au Japon ?
Prévoir une demi-journée. Avec un départ le matin et un départ l'après-midi, le tour ne dure que 2h30. Vous serez donc de retour pour le déjeuner ou le goûter. Ainsi, vous pourrez continuer votre journée d'exploration de Nagasaki !
Meilleure saison pour visiter Gunkanjima au Japon
Le vrai risque c'est les annulations. De Mars-Mai, le climat est agréable avec finalement peu d'annulations) ainsi que Octobre-Novembre.
Evitez si possible Juin à Octobre car c'est la saison des pluies et des typhons qui s'intensifient en Septembre d'ailleurs. Sur cette période, beaucoup d'annulation.
Combien ça coute de visiter Gunkanjima ?
Les tarifs entre les compagnies sont relativement similaires. Comptez 4000¥ (semaine) et 4500¥ (weekend) qui inclut le transport en bateau ainsi que la visite guidée par personne (25€). Il faut ajouter les frais de débarquement de 310¥ (1,50€) par personne. Le Gunkanjima Digital Museum coûte environ 1 800 ¥ et vous bénéficiez de -50% si vous montrez votre ticket d'excursion sur l'île.
Peut-on visiter Gunkanjima librement ?
Non, absolument pas. L'accès est strictement limité aux tours organisés officiels. Vous ne pouvez accéder qu'à trois plateformes d'observation représentant environ 10% de l'île. Le reste est interdit pour raisons de sécurité.
Les tours sont-ils souvent annulés ?
Oui, très fréquemment en cas de mer agitée, surtout durant la saison des typhons (août-octobre), la saison des pluies (juin-juillet) et moins mais toujours en l'hiver.
La compagnie peut difficilement prévoir comment seront les conditions au quai de Gunkanjima. Le capitaine du bateau définira donc sur place si la houle est trop importante ou non pour amarrer.
Peut-on entrer dans les bâtiments ?
Non. Vous restez sur des plateformes d'observation sécurisées, derrière des barrières. Les bâtiments sont trop instables et dangereux pour permettre l'accès.
Combien de temps passe-t-on sur l'île ?
Environ 45 minutes à une heure sur l'île elle-même.
Faut-il réserver à l'avance ?
Nous recommandons fortement de réserver une à deux semaines à l'avance vos billets pour visiter Gunkanjima au Japon. En effet, c'est une excursion populaire et les places se font chères pendant les périodes de vacances ou même le week-end en saison.
Y a-t-il des guides en français/anglais ?
Avec la compagnie Yamasa Shipping, des guides en anglais sont disponibles uniquement le mardi / jeudi / samedi et dimanche sans frais supplémentaires.
Tandis que pour la compagnie Gunkanjima Concierge vous aurez accès à un audio-guide gratuit en anglais.
📍 Epingle notre guide pour visiter Gunkanjima au Japon





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