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Le Désert de la Guajira : à quoi s’attendre lorsqu’on visite le plus grand désert de Colombie ?
Amérique du Sud, Colombie, Destinations

Le Désert de la Guajira : à quoi s’attendre lorsqu’on visite le plus grand désert de Colombie ?

Pour clôturer notre séjour sur la côte Caraïbes Colombienne, c’est à la découverte du désert de la Guajira qui nous attend. Un sacré morceau au fin fond du Nord Ouest Colombien à quelques kilomètres de la frontière avec le Venezuela. On vous prévient d’entrée de jeu, les avis de voyageurs sont mitigés, nous avions entendu du bon comme du mauvais. Et c’est aussi un avis nuancé que vous allez lire dans cet article. 

Avant de commencer, précisons un peu le contexte. Pour visiter le désert de la Guajira, vous aurez le choix classique de la faire en autonomie ou avec un tour. Comme d’habitude, cela dépendra fortement du temps que vous avez devant vous et de vos habitudes de voyage. L’argent, paradoxalement, ne rentre en effet pas en compte ici puisque les deux sont assez similaires en termes de coût.

Le temps nous en avions. Les informations ? Un peu moins. L’entreprise nous semblait trop complexe pour s’y risquer seuls. De plus, nous n’étions pas seulement en quête de beaux paysages mais surtout d’explications sur la région et sur la culture locale, spécifique à la Guajira. On décide donc de partir avec une agence pendant 3 jours d’expédition. Dans les lignes qui suivent, nous vous raconterons notre expérience mais vous donnerons aussi quelques astuces au cas où vous souhaiteriez faire le tour par vous-même ! Embarquons dans le 4×4, c’est parti pour cette aventure tout droit sorti d’un film de Mad Max. 

PS : on apprendra plus tard qu’il est possible de faire une randonnée sur plusieurs jours dans la Guajira. Bien sûr, c’est organisé avec une agence, on parle quand même d’un désert.

🤓 En quoi consiste un tour du désert de la Guajira et combien ça coûte ?

Quelques conseils généraux avant de partir pour cette aventure

Si vous choisissez comme nous de passer par un tour pour visiter le désert de la Guajira, voici à quoi il faut vous attendre. D’abord, d’après le retour de plusieurs voyageurs, les prestations et l’itinéraire sont toutes assez similaires.

Nous vous conseillons de vous renseignez sur votre tour operateur afin d’avoir le retour d’autres voyageurs : état du véhicule, conduite, explications, nuitée chez l’habitant. Le groupe Facebook des Français en Colombie vous aidera pour y répondre. D’ailleurs, pensez à bien valider avec l’agence l’itinéraire que vous allez réalisé. Parfois il n’y a pas de nuit dans une rancheria, ce qui est bien dommage, on vous explique pourquoi après.

Aussi, on vous conseille de constituer un groupe de 4 afin de négocier les prix avec le tour et surtout d’être vraiment « seuls » dans votre véhicule. Pendant, l’expédition dans le désert de la Guajira, on passe plus de 70% du temps dans le 4×4. Une information non négligeable !

Si vous ne parlez pas espagnol, sachez que cela peut être vraiment handicapant si vous partez sans traducteur. En effet, le désert de la Guajira nous semble être plus que des paysages et des danses folkloriques. Nous avons beaucoup appris en échangeant en espagnol avec notre guide/chauffeur mais aussi avec les personnes de la communauté. L’expérience aurait été quasi inintéressante pour nous sans ce contact et la barrière de la langue.

Combien coûte un tour pour le désert de la Guajira ?

Ce qui est inclus

Entre 450 000 pesos et 650 000 pesos, c’est le prix à dépenser par personne pour une expédition de 3 jours et 2 nuits dans le désert de la Guajira avec un tour au départ de Riohacha. Sont inclus les repas, les « nuits » (en hamac à la belle étoile), le transport (beaucoup de transport) et le chauffeur / guide, en général natif de la région et parlant le Wayuu. N’est pas inclus le trajet jusqu’à Riohacha que vous devez réaliser par vos propres moyens. L’agence peut éventuellement vous mettre à disposition une navette privée, plus chère que le taxi public (1h30 de trajet pour 25 000 pesos par personne au départ de Palomino).

memoji elisa 2

Le taxi public est un concept intéressant que nous n’avons pas retrouvé dans d’autres villages hors de la côte Caraïbe. En appelant un numéro, quelqu’un vient vous chercher à votre hôtel et récupère sur le trajet à des endroits spécifiques d’autres personnes qui partent dans cette direction. C’est un collectivo ++.

Les Extras

Sur place, il faut prévoir quelques liquidités pour des dépenses personnelles de type :

  • boissons (hors des repas) ainsi que vos snacks. Lors du premier arrêt à Uriaba considéré comme le dernier endroit avec des commerces dont les prix sont abordables, nous avons achetés une citerne d’eau de 5L (environ 30 000 pour nous deux au total) ;
  • galettes, café, poches d’eau et biscuit à distribuer aux différents barrages du désert de la Guajira achetés à Uriaba (environ 30 000 pesos au total);
  • les activités extras comme le SandBoard (5000 pesos la descente ou 70 000 la location pour le groupe entier)  ;
  • petite donation pour l’école de la rancheria où nous avons dormi le deuxième soir (30 000 pesos) ;
  • acheter des sacs Wayuus qui sont 1) magnifiques 2) 2x moins chers que partout ailleurs en Colombie puisqu’ils sont faits ici par les communautés (50 000 pesos le sac M). 

Au total, c’est donc environ 200 000 pesos (46€) supplémentaires pour deux que nous avons dépensé. La moitié dans des sacs que nous voulions ramené dans tous les cas comme souvenir et qui sont une véritable affaire achetée dans le désert. 

Pour les retraits, à Riohacha, les ATM se trouvent au niveau de la place centrale, notamment le Davidienda qui permet de retirer jusqu’à 3 000 000 de pesos en une fois.

Avec quelles agence sommes-nous partis pour découvrir le désert de la Guajira ?

C’est avec Eco Tour Guajira que nous avons tenté l’aventure dans le cadre d’un échange de visibilité. Notre séjour s’est bien passé, conforme à ce qui nous a été proposé. Ce que l’on retient avant tout, c’est la nuitée et notre échange avec la communauté locale qui était vraiment incroyablement intéressant. L’agence s’engage à reverser une partie du tarif dans des projets sur place, et justifie ainsi son prix un peu plus élevé que les autres, de 650 000 pesos. Ainsi grâce au tourisme, ils vont construire prochainement une bibliothèque pour l’école de Nancy, la maîtresse que l’on a rencontré.

Dans le 4×4 nous sommes 6 au total dont un trio de françaises et le chauffeur / guide Esneider. Très peu de place pour placer nos deux gros backpacks dont nous nous sommes encombrés pour rien par manque d’information de la part de l’agence. Nous avons pu les laisser à l’auberge Kaishi habituée d’accueillir les effets personnels des visiteurs de la Guajira

On émettra quand même un point de vigilance quant à cette agence suite aux retours de deux couples de voyageurs qui sont passés par cette agence et avec qui nous avons échangé. En effet, si tout s’est bien passé pour le premier groupe qui a passé un super moment, le deuxième couple n’a pas été voir la communauté et a eu une panne de véhicule.. la faute à pas de chance peut être mais ils ont vécu une expérience beaucoup moins intéressante du coup.

Quid du tourisme de misère ?

Ici, nous aimerions vous sensibiliser à la situation des populations qui vivent dans le désert de la Guajira. Les premiers touristes qui sont venus visiter cet endroit ont été choqués par la précarité dans laquelle vivaient ses habitants. Sans penser aux conséquences de leurs actes sur le long terme, ils ont donné des biscuits, du café, de l’eau.. pensant les aider.

La mendicité

De fil en aiguille, s’est constitué un chemin de la mendicité au travers du désert. Tout les 200m, on croise des enfants, un grand père, une maman avec un bébé dans les bras qui tendent des chaînes ou des cordes afin d’arrêter les voitures pour récupérer un peu d’eau, des galettes, parfois du café ou de l’argent. Les chauffeurs s’arrêtent régulièrement. Ils connaissent les points de passage importants et les spécificités de chacun. 

Sur le coup, on a peut être l’impression de leur apporter un peu de bonheur en donnant quelque chose. Cela dit, cette pratique a des effets pervers. D’abord, la pollution : en effet, la plupart des denrées sont enveloppées dans du plastique. Or, ils n’ont aucune éducation sur l’impact de ce plastique sur l’environnement et encore moins de moyen de se débarrasser des déchets. Vous croiserez donc des champs de plastiques accrochés aux cactus et arbustes. Deuxième effet : certains parents envoient les enfants mendier plutôt que d’aller à l’école. Autrement dit, ils auront beaucoup plus de difficultés à choisir leur propre destin sans éducation minimum, à terme. Un destin qui peut même être funeste dans certains cas, avec de nombreux accidents avec les véhicules. 

Ces deux points m’ont été évoqués par le directeur de l’agence, mais aussi par le chauffeur et par Nancy, la maîtresse d’école que l’on a rencontrée le deuxième jour. Un vrai paradoxe quand on connaît la richesse de l’État de la Guajira, que l’on abordera un peu plus tard dans notre récit.

Ecouter pour mieux comprendre

Pour nous, parler espagnol est essentiel pour échanger avec les différents acteurs et comprendre un peu la situation. L’état des choses est très complexe et on ne prétend pas du tout l’avoir saisie entièrement. 

Nous étions très mal à l’aise de « devoir » acheter des choses à donner aux enfants avant de partir, un peu à la va-vite. Non pas que nous ne souhaitions pas faire un don, mais nous aurions aimé choisir le type de don : des cahiers, des livres, des denrées plus nourrissantes sans plastique comme des fruits secs… 

Personnellement, si nous n’avions pas été plus loin en discutant avec les locaux, on aurait été à 100% dans du tourisme de misère, la situation qui se trouve sous nos yeux n’étant absolument pas effacée par les paysages, tant elle prend aux tripes. A expérience un peu similaire, la visite des mines à Potosi en Bolivie ne nous avait pas du tout donné la même impression.

🪁 Premier jour : falaises, baignade et dodo sur la plage à Cabo de la Vella

Le premier jour à la découverte du désert de la Guajira se compose essentiellement d’arrêts paysages tout au long de la journée, du palpitant qui s’emballe en voyant les premières cordes se lever et ne pas se baisser alors que le 4×4 fonce dessus, et d’une certaine gêne d’être le touriste Blanc en visite lorsque les femmes et enfants se ruent sur vous pour vous vendre bracelets, sacs et souvenirs de pacotilles. Vous partez assez tôt de la place principale de Riohacha, à 8h.

Uriba et son intersection commerciale

Derniers commerces avec des prix abordables avant de rentrer dans la Guajira où les tarifs vont considérablement augmenter, isolement oblige.

Esneider nous conseille sur quoi prendre à distribuer aux enfants et familles sur le trajet. Afin d’éviter trop de plastique, le groupe opte pour 3 grosses boîtes de biscuits ainsi que des bocadillos dont l’emballage est naturel. Par précaution, nous prenons par binome une citerne de 5L d’eau.

uriaba stop guajira

Les Salinas : décidément on en aura vu du sel !

Le premier véritable arrêt a lieu dans les Salinas, situées au bord de la mer. Jusqu’ici, la route est correcte mais ponctuée de nids de poule. On retrouve un air du Salins d’Aigues Mortes, avec des étangs teintés de rose et des petites mottes de sel un peu partout.

On y récolte quand même 75% du sel de Colombie ! Contrairement à la Camargue, le ramassage se fait ici encore de manière traditionnelle, à la main. Les Wayuus qui travaillent ici le sel depuis des siècles y tiennent beaucoup et luttent contre les entreprises qui souhaitent racheter les terres pour produire de manière industrielle. Chaque famille exploite sa parcelle de marais salant.

Cabo de la Vella : kite surf et baraques en bois en bord de plage

Le déjeuner se déroule à Cabo de la Vella. C’est l’occasion de se rafraîchir et de perdre une paire de tongs. Marée montante ou personne mal attentionné ? Ne les laissez pas sur le bord de la plage. Verrouillez vos objets de valeur dans la voiture. Si vous avez envie de voir les femmes tisser les sacs, baladez vous sur la plage et vous les rencontrerez. Elles s’installent souvent là où il y a des touristes pour montrer leur artisanat. Les motifs sont d’une beauté ! 

Sinon, il n’y a pas grand chose à dire sur Cabo de la Vella. Le village tout en longueur sur le littoral nous a un peu fait penser à un village de western un peu abandonné. Des chiens qui se baladent en horde de 30 sur la plage, des ruelles de sable, des maisons de taules et de planches, quelques auberges.. Et à côté de toute cette simplicité, vous pouvez pratiquer l’un des sports nautiques le plus chers : le kite surf !

Spot réputé pour avoir un vent constant de bonne intensité ainsi qu’une zone de ride plate avec un peu de clapot. Bref ça à l’air cool, mais faut une sacré déterre pour arriver la bas.

Une côte mais différents reliefs

L’après-midi est consacré à la découverte des paysages alentours. On commence par l’Arco Iris et ses falaises grignotées par les vagues. Le contraste avec le jaune du désert est assez joli.

On continuera avec le pan de Azucar, un lieu sacré pour les Wayuus. Ils y vont pour dire au revoir à l’âme des défunts et il se nomme Kaimachi dans leur langue. Un petit lieu de culte est installé en haut. On fera une petite pause baignade à la Playa Dorado en contre bas dessous. Les vagues sont amusantes et le sable très fin.

Ensuite, direction le Mirador de la Tortuga (dont nous n’avons pas vraiment trouvé de ressemblance avec une tortue) et le phare duquel nous admirerons des chèvres et un sublime coucher du soleil. L’occasion de rencontrer quelques biques sous leur forme primaire !

Hamac à la belle étoile sur la plage et conclusion du premier jour

Pour finir cette journée, on installe notre campement. C’est vite fait, 5 hamacs sur la plage, juste à côté de la rue principale et des chiens errants.. Au moins la vue au réveil sera jolie, l’eau n’est qu’à quelques mètres ! 

Le repas nous fera découvrir pour la première la bique sous sa forme secondaire, c’est à dire en plat. C’est pas génial. On a un peu faim en allant se coucher. La douche est sommaire, mais on s’y attendait et elle a le mérite d’exister. 

Pour être honnête, cette première journée était vraiment sans plus. Nous n’avons pas été estomaqués par les paysages du désert, qui nous ont beaucoup rappelés l’Algarve (en moins joli). Si vous n’avez jamais vu le désert, cela vous fera peut être quelque chose, mais on commence à être habitués (et pourtant on se laisse toujours surprendre comme dans celui de Tatacoa !).

Pour recharger ses affaires, il faut se rendre dans l’auberge voisine qui, elle, dispose de l’électricité. D’ailleurs les enfants du coin l’ont bien compris, puisqu’ils viennent squatter les sièges pour jouer ou regarder des vidéos sur leur téléphone.

Ne gardez rien de valeur sur vous lorsque vous vous baignez ou pendant. Enfermez même vos chaussures dans la voiture. Nous avons entendu quelques histoires de vol sur la plage de Cabo de la Vella.

🐐 Deuxième jour : Punta Gallinas, plongée dans la culture Wayuu et rencontres locales

Un début beaucoup plus intéressant

Pourtant le petit déjeuner ne l’annonçait pas.. mais le début de la journée sera riche en nouvelles informations pour vos deux Paresseux Curieux. 

Le premier arrêt est déjà cocasse : un champs éolien. Oui, on ne s’y attendrait pas mais le désert de la Guajira abrite le parc éolien le plus grand d’Amérique du Sud. Ces dernières ont été installés contre un maigre loyer aux communautés de la Guajira, et sont exploitées par le Gouvernement et des entreprises privées. On demande à notre chauffeur Esneder si des personnes de la communauté y travaillent. Question qui prend du sens car de telles infrastructures sont créatrices d’emplois pour la région. Aucune. Elles ne sont pas assez qualifiées. Les employés viennent de Bogota.

Cette visite ouvre la question sur l’utilisation des ressources du désert de la Guajira dont nous vous parlions plus haut.  Les sols contiennent de précieuses matières premières comme du gaz naturel ou du charbon. Qui travaille dans les mines ? Des Colombiens qui viennent de tout le pays pour passer 4 ou 5 mois à travailler. Leur exploitation est coordonnée par le Gouvernement et quelques multinationales, au détriment de la population Wayuu. Par exemple, ces derniers sont contraints d’utiliser de l’eau salée puisque l’eau de la rivière est pompée et polluée par les mines de charbons.

C’est avec ces nouvelles informations et une nouvelle perspective que l’on repart direction Punta Gallinas.

Une grève en plein milieu du désert de la Guajira ?

Mani-festation

Entre 3 cactus, notre chauffeur est obligé de s’arrêter. On ne comprend pas tout de suite le remue-ménage qui s’organise devant nos yeux. Un groupe de femme manifeste, écriteau au bout des bras et bloquant le passage. C’est écrit en Wayuu, sous-titré dans un espagnol sommaire, donc impossible d’en savoir plus avant qu’Esneder ne remonte dans le 4×4. 

Mais alors que se passe t-il ? Une dame pourtant Wayuu mais provenant d’une autre communauté  s’est installée un peu plus haut sur le chemin. D’après les grévistes, elle vendrait trop de sacs et leur vole leur clientèle. La première solution est donc de bloquer les touristes. Finalement elles conviennent que cette dame doit venir discuter, prendre ses cliques et ses claques et partir.. Sans ça, la route ne sera pas rouverte. Bien entendu, on ne prend jamais les choses au pied de la lettre en Colombie. Notre chauffeur s’accorde donc avec un motocycliste qui connaîtrait un autre passage, moyennant quelques pesos et un peu d’essence.

greve guajira

Le raccourci

Il s’engage dans un petit chemin dans les cactus puis s’arrête au niveau d’une maison et là.. les femmes en grève surgissent de derrière les cactus ! Il est maintenant question que l’on achète des sacs. Ca tombe bien c’était prévu pour nous !

Les plus jeunes partent en courant et reviennent avec des sacs suspendus au bout des bras comme des épouvantails. Nous sommes la voiture en tête de la colonne, il nous revient donc la chance de choisir avant tous le monde. La vérité, ils étaient affreux et nous manquons de cash pour “le geste”. Pas étonnant que l’autre dame en vend plus ! On ne remerciera jamais assez la voiture de Colombiens derrière nous qui ont, eux, pris plusieurs bolsas et débloquer le passage.

Rejoindre la Punta de Las Lomas

La route continue jusqu’à Punta de Las Lomas. Tous les 300m, nous sommes arrêtés par une corde. Gâteau et eau pour les enfants mais certains adultes ont leurs habitudes. Ainsi, sans café par exemple, impossible de passer certains check point. Si certains se fabriquent des abris de fortunes en bois ou en jean, d’autres sont en plein soleil. Il faut rationner ce que l’on donne pour qu’il y en ai pour tout le monde.

80% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté dans le désert de la Guajira. 3 enfants sur 10 de moins de 5 ans souffrent de malnutrition. Les communautés sont très méfiantes à l’égard de la médecine moderne et n’envoient que rarement les enfants à l’hôpital.

On déjeune un délicieux caracole après un plouf dans un eau plus bleue que bleue. Le contraste entre ce moment et ce que l’on vient de traverser laisse pensif. Ici, les enfants jouent à l’arrière et ne nous demandent rien.

Punta Gallinas : le paysage phare de cette excursion dans le désert de la Guajira

La vue est stupéfiante et on est clairement face au paysage le plus joli de toute cette sortie dans le désert de la Guajira. Si nous sommes restés sur notre faim auparavant, les dunes de Taroa nous ont charmés. 60m de sable orange qui contraste avec le bleu électrique de l’Océan Atlantique.

La piste depuis le repas est désertique mais on constate la présence continuelle de l’eau qui nous entoure de part les lagunes. On aura jamais vu un désert avec autant d’eau ! Ne faisons pas les malins, la tempête de sable qui approche ne fait pas rire les mouettes.

Après Ushuaia, le point le plus au Sud de l’Amérique du Sud, on peut maintenant se vanter d’avoir visité le point le plus septentrional du continent. Vous pensez que je connaissais ce mot avant de faire mes recherches ? Absolument pas. Punta Gallinas est le point le plus au Nord de l’Amérique du Sud. Et voilà, on se couchera moins bête ce soir !

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Il est possible de faire du sandboard et de finir dans l’océan pour… 5 000 pesos la descente ou 70 000 la location pour le groupe. On a trouvé ça un peu cher mais de toute manière nous nous sommes occupés à rouler dans les dunes. Après, vous pouvez négocier avec ceux qui gère la location de sandboard.

Si le coucher de soleil n’était pas le plus beau de notre vie à Punta Gallina, une ambiance de quête accomplie règne parmi l’ensemble des 4×4 sur place. Vouté pour rechercher quelques grains de café sur la plage, cela reste un très beau moment qu’on a conclu sur le toit de la voiture les cheveux au vent.

La nuit chez Nancy, en communauté Wayuu

Debut de soirée dansant

Les belles lumières de fin de journée nous accompagnent pendant les 15 minutes qui nous séparent de la rancheria de Nancy et de sa famille. Sa maison est entourée de cactus qui servent de clôture. Les hamacs, chincheros tressés à la maison, sont déjà installés sur la terrasse, magnifiquement réalisés. La fille de Nancy et sa ( cousine nous accueillent à grands cris. Un moment hors du temps où elles nous font danser sur les meilleurs hits du moment, à grand renfort de chorégraphie Tik Tok. Oui, c’est aussi ça le paradoxe de l’époque que l’on vit : se retrouver au milieu de rien mais quand même pouvoir écouter YouTube avec un signal parfois plus fort que dans son appartement à Paris. Alors que tout semble nous séparer, on se dandine sur les mêmes musiques de reggaeton. 

Le temps de se débarbouiller après avoir porté les filles sur nos épaules et danser, on s’installe pour notre dîner. Au menu, encore de la chèvre « chivo » mais cette fois-ci elle est asado, grillée au barbecue. Servie dans la carcasse d’une courge, accompagnée d’oeufs brouillés et d’une Arepa, c’est plutôt gouteux, avec un peu de chicha pour arroser le tout c’est excellent !

Une suite dansante, puis inspirante

On assiste ensuite à un spectacle typique de danse folklorique. Chaque tribu Wayuu reproduit les animaux qui vivent autour des rancherias. L’homme guide la procession des femmes qui « miment » tour à tour la fourmi, l’aigle, la chèvre, le chien, le cheval. A la fin de ce moment, on se demande si il est temps d’aller se coucher. Nancy nous fait signe de nous approcher du feu, on forme alors un cercle notre groupe de frenchy et elle. 

Nous ne vous raconterons pas en détail l’histoire de Nancy. Nous souhaitons préserver la surprise si vous la rencontrez. C’est terrible, terriblement dramatique, mais si inspirant. Une suite d’évènements qui à chaque fois te font retenir ton souffle et imaginer le pire. Et pourtant, Nancy est une battante. Elle a monté plus de 3 écoles dans la région, après avoir étudié en ville tout en subvenant aux besoins de ses frères et sœurs.  

Aujourd’hui, elle cherche à garder les enfants à l’école pour qu’ils puissent, comme elle, choisir leur propre destin autant que possible. Un témoignage poignant qui nous a beaucoup touché et sans doute l’une des rencontres les plus fortes que l’on aie fait en Colombie. 

On repartira le lendemain avec l’envie d’en apprendre plus sur leur culture. Un peu frustrés, on peut le dire. Nous aurions clairement préféré passer deux nuits avec Nancy et sa famille. Si nous revenons, c’est vers ce genre d’expérience que l’on se tournera :).

🚘 Troisième jour : retour en terre connue

Cette journée sera sous le signe de la route. Tous le chemin parcouru pendant les 2 jours sera fait en sens inverse mais plus rapidement accompagné de quelques drifts dans le désert. Le coup d’envoi est donné à 7h30. Juste le temps pour voir les écoliers partirent en direction de leur classe. 

Seuls quelques stops pour se dégourdir les pattes et faire de derniers achats nous sont proposés.

Les sacs Wayuu sont tissés en coton. La matière première poussait avant dans la région de la Guajira ce qui leur permettait de produire localement ce genre d’artefact.

Plus nous avançons plus la présence du plastique sur les bas côtés est dantesque. Nous rentrerons sur Riohacha vers 17h.

🎒 Que mettre dans son sac pour l’excursion du désert de la Guajira

Attention, ne faites pas comme nous, ne préparez pas votre sac à la dernière minute pour ne rien oublier. Voici la check list à suivre pour votre voyage : 

  • au moins 5L d’eau par personne (une grosse bombone);
  • des snacks (genre barres de céréales ou autre pour les trajets en voiture);
  • une doudoune/polaire pour les nuits en hamac qui sont fraîches;
  • crème solaire et lunettes de soleil;
  • maillot de bain et deux serviettes (une douche, une plage si vous pouvez);
  • une brosse à cheveux (je vous assure, on ressemble vite à un épouvantail avec la poussière);
  • un pantalon long pour la nuit et les moustiques;
  • des habits légers et agréables pour la journée;
  • une batterie externe pour vos appareils;
  • des stylos ou autre pour les enfants si vous le souhaitez;
  • au moins 100K pesos en cash au cas où.
coucher de soleil dans le desert

🦜 Comment faire le désert de la Guajira en autonomie ?

C’est un peu plus compliqué, nous avons essayé de faire quelques recherches pour vous accompagner sur le sujet et vous renvoyer vers des voyageurs qui ont réalisé cette expérience.

D’abord, il vous faut rejoindre Cabo de La Vella. Pour ce faire, depuis Riohacha, il vous fait trouver un chauffeur de 4×4 qui fait le trajet jusqu’à Uribia. Ils sont, parait-il, nombreux et le prix est aux alentours des 10K pesos le trajet. Depuis Uribia, soit vous avez de la chance et le 4×4 continue jusqu’à Cabo, soit il faut en trouver un autre. Cette partie du trajet est très bien décrite sur le blog Arawak-Colombie

Pour aller à Punta Gallinas : 

  • des voyageurs nous ont dit avoir payé 170K aller-retour par personne pour le transport de Cabo de la Vella à Punta Gallinas;
  • comptez environ 20K-30K pour un hamac; 
  • les repas sont aux alentours des 20K normalement ;
  • les points de vue sont accessibles en moto taxi ou en 4×4 ;
  • seul avec votre van, nous ne conseillons pas le trajet car le risque de s’enliser et de se perdre est quand même important;
  • si vous avez un 4×4 et de l’expérience pour le manier et vous repérer dans un environnement hostile, allez-y. 

Sachez que si vous le faites en autonomie, il sera peut être plus compliqué de loger chez les membres de la communauté Wayuus.

Aventure Colombia propose un trek de 4 jours dans le désert de la Guajira. Oui un peu de voiture mais beaucoup de marche ! Une chouette alternative que l’on aurait surement choisi si on avait su son existence ! N’hésitez pas à les contacter pour en savoir plus.

Conclusion : le désert de la Guajira, un incontournable ?

L’expérience du désert de la Guajira est intéressante pour qui parle espagnol à notre avis. En effet, les paysages sont jolis mais pas stupéfiants (pour nous après plusieurs mois de voyage). Ce que l’on retient, c’est les échanges au sujet de la vie locale, de la situation économique etc.. et ces derniers auraient été impossible en anglais. 

La rencontre avec Nancy a été un moment très fort que l’on conseille de vivre si vous avez les clés pour en profiter pleinement !

Si vous comptez partir sans traducteur, sans parler espagnol, et que vous avez peu de temps, nous ne pensons pas qu’aller visiter le désert de la Guajira soit un must-do compte tenu du détour qu’il y a à faire. 

📍 Epingle nous pour vivre l'expérience de la Guajira !

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- 29 août 2022

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